Nous avons pensé vous partager cette belle histoire, racontée par une infirmière de la Maison de soins palliatifs de Pallia-Vie pour démystifier un peu de ce qui s’y vit :

On pense souvent qu’une maison de soins palliatifs ça doit être un endroit silencieux, calme.

Parfois, c’est vrai. On parle plus doucement, on ralentit le pas dans les corridors.

Mais certains soirs, il y a du hockey…

Et on le sait, quand le Canadien fait les séries, la province toute entière change de rythme un peu.

Les soupers se prennent plus vite. On sort les chandails rouges. On accroche des drapeaux sur les voitures. On angoisse les jours de match. On regarde nos glorieux assis sur le bout su sofa. On critique les mauvais « calls » des arbitres, on a l’impression qu’on joue contre eux autres aussi.

Tout le Québec retient son souffle en même temps.

Ce printemps, on va se le dire, c’est encore plus spécial.

La fièvre des séries est particulièrement contagieuse.

Elle est virulente.

Le dimanche 10 mai dernier, c’était exactement ce genre de soirée, où le Québec entier semble respirer d’un seul et même souffle.

Le CH revenait à la maison, au Centre Bell, pour le troisième match de la série contre Buffalo. La série était égale, 1-1. L’ambiance était électrique partout : autour du Centre Bell, dans les maisons, dans les restaurants et même jusque dans certaines chambres de la Maison de soins.

Un patient souhaitant ne pas déranger ses voisins avait soigneusement couvert toutes ses oreilles de son casque d’écoute pour ne rien manquer de cet instant précieux. Parce qu’une « game », ça ne s’écoute pas « pas fort ». Il faut entendre les commentaires de Félix Séguin, les joueurs frapper contre la bande, sentir l’intensité monter. Les séries, ça se vit bien plus que ça ne s’écoute.

Au poste infirmier, c’était plutôt calme ce soir-là.

Puis soudainement : « ET LE BUUUUUUUUUUT!!! »

Le Canadien venait de marquer.

Quelques minutes plus tard, un autre cri de victoire : « CAUFIELD!!! OH YEAH!!! »

Puis un autre. Et un autre…

Ce soir-là, le Canadien a compté six buts. Disons qu’on pouvait facilement suivre le score sans regarder la télévision.

Tout ça pour vous partager qu’à Pallia-Vie, il y a des soins, oui. Mais il y a aussi de la vie.

Voir quelqu’un attendre le match toute la journée. Le voir s’emporter contre les arbitres. L’entendre crier après un but comme s’il était au Centre Bell.

Dans toute la fragilité qu’il peut y avoir ici, il reste encore tellement de passion. Tellement de vie.

Et je pense que les séries ont ce drôle de pouvoir-là : pendant quelques heures, elles rendent les gens un peu plus légers. Un peu plus heureux. Un peu plus vivants.

Ce dimanche soir là, Monsieur n’était plus un patient, un malade. Il était un fan des Canadiens. Tout simplement. 

Puis honnêtement, c’est un privilège immense pour nous de pouvoir accompagner les gens aussi dans ces belles émotions-là. Pas seulement dans les moments difficiles.

Maryse Bourque, infirmière à la Maison de soins palliatifs de Pallia-Vie

Ces moments, aussi simples qu’ils puissent paraître, ne sont jamais le fruit du hasard. Ils existent parce qu’il y a une équipe pour être là. Parce qu’il y a un lieu pour accueillir et des soins pour soulager.

Et parce qu’il y a une communauté qui choisit de rendre tout cela possible.

À Pallia-Vie, les dons permettent bien plus que des soins. Ils permettent à des personnes de continuer à vivre ces petits bouts de quotidien qui font encore du bien.

De vibrer pour un match.
De rire. De s’emporter.
D’être, tout simplement.

Même ici. Même maintenant.

Merci à toutes les personnes qui, par leur générosité, rendent ces moments possibles.